Psychiatrie désaliéniste
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Sur le Web
Regard sur la folie
En 1960, Mario Ruspoli décide de tourner un documentaire sur l’hôpital psychiatrique de St Alban en Lozère. Pari courageux, à une époque où la folie est un sujet tabou, totalement occulté par la société.
Réjane dans la tour
Réjane fait le ménage dans une tour du Val Fourré. En l’écoutant, en regardant ses gestes et en suivant ses pas, on voit ce que c’est qu’être aujourd’hui une femme de quarante-cinq ans sur un fil ! Equilibriste fragile entre sa folie et le charme profondément présent de sa personnalité, entre l’exclusion de la pauvreté et du chômage, Réjane, presque perdue sourit et s’éloigne en dansant. “Y a pas de problèmes !”. Et notre cœur se serre d’être aussi proche et aussi loin d’elle.
Fernand Deligny, à propos d’un film à faire
Après une collaboration avec Fernand Deligny à divers titres et notamment pour ce document exceptionnel sur l’autisme qu’est "Ce gamin-là", il était naturel que Renaud Victor souhaite transmettre la parole de celui qui fut pour lui un père spirituel et nous offrir une trace de cette intelligence au travail. Ce qui frappe dans le monologue éblouissant de cet homme à la trajectoire singulière, c’est l’humilité avec laquelle il avance des hypothèses, l’humilité d’un chercheur pour qui il ne s’agit pas d’imposer des conclusions sur l’autisme mais de nous aider par tâtonnements à nous approcher de la vérité.
Histoires autour de la folie
“Les histoires autour de la folie” sont d’abord une histoire, l’histoire de l’asile de Ville-Evrard fondé en 1868. Les auteurs commencent par le commencement, la genèse d’un lieu d’exclusion et des lois qui ont dicté sa création. Ils en explorent la mémoire, font l’historique des conditions d’enfermement, des rites barbares du XIXème siècle aux nouvelles méthodes actuelles. Les thérapies évoluent. Il y a le temps de l’agitation avant les neuroleptiques et le temps de la prostration après les neuroleptiques. Mais la peur de l’autre demeure qui engendre des systèmes de défense. De ce lieu de tragédie, une parole s’élève. La parole de ceux qui en ont vécu la réalité quotidienne, soignants et soignés.
Traces de pas
Des psychiatres, une chorégraphe, un chanteur haute-contre, tentent une expérience avec des patients de l’asile de Ville-Evrard. Une tentative de thérapie par la danse à travers un ballet inventé au jour le jour par la chorégraphe Kitsou Dubois.
Voyez-vous
lundi 1er mai 2006

Je viens de terminer un film, réalisation personnelle dont le sujet est la lutte menée pendant huit années par des infirmiers et infirmières de secteur psychiatrique pour la reconnaissance de leur profession à travers un collectif. Cette mobilisation importante a été déclenchée par la disparition du titre d’Infirmier de Secteur Psychiatrique (I.S.P.).

Il s’agit de mon regard sur la fin de cette lutte. Les principaux protagonistes sont des infirmiers et infirmières du collectif de mobilisation en psychiatrie de la région Rhône Alpes.

Ce film s’intitule "Voyez-vous" (durée 40 mn). Il est construit autour d’une voix off, commentaire intimiste. Sur un plan plus technique, cette voix est une liaison nécessaire entre des images et des sonores qui, à l’origine, sont des traces filmiques de cette lutte sans lien direct entre elles.

J’ai filmé de 1997 à 2000, des moments très diversifiés : réunions, répétitions "théâtrales", manifestations, assemblées générales, colloques... C’est à partir des rushes de ces différentes situations, que le film s’est construit dans l’après coup. Ce qui a guider mon travail de construction filmique, c’est la résonance de ces images au regard de ma propre trajectoire.

L’acte de vouloir faire exister dans un même film les traces d’une lutte et des fragments mnésiques et filmiques de ma propre histoire avec la psychiatrie, est avant tout un acte de création et de résistance. Les images et les sonores du film sont du côté d’une présence et d’une parole infirmière, qui bute sur sa propre difficulté à se souvenir du passé. Les questions de la mémoire, de l’oubli et du refoulement sont évoquées à travers ce film. Cette parole filmée peut-elle favoriser une pensée et une réflexion sur les rapports entre l’institution psychiatrique, les décideurs politiques, les usagers et ce type de soignants-là ?

Ce film revient sur l’histoire de la lutte du collectif de mobilisation en psychiatrie, dont la revendication majeure était l’obtention d’une équivalence avec le diplôme d’état d’infirmier. (D.E.I.) Ce film n’a aucun commanditaire, ni association ou groupe professionnel. Il ne milite donc pour aucune thèse. Il s’agit d’un film essai dans l’esprit de Guy Debord, quand il dit que le cinéma "aurait pu être examen historique, théorie, essais, mémoires...".

Je souhaite que ce film à caractère documentaire soit diffusé. Des personnes concernées par cette thématique peuvent s’associer à la présentation et à la diffusion.

Dominique CŒUR

Le Margand 69170 VALSONNE

Tel : 06.62.41.62.94- 04.74.05.11.50

mail : domcoeur@free.fr

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