(cette pratique fondée sur des preuves soi-disant scientifiques)
AVEC L’AIDE DES AMÉRICAINS EUX-MÊMES
Vers la réhabilitation de la clinique du sujet : la patient-based psychiatry ?
car, « On ne peut jamais rien prouver ». Jacques DERRIDA.
Comme le rappelle Hanna ARENDT (Les origines du totalitarisme), la médecine fondée sur des preuves scientifiques a été inventée par le Reich nazi fasciné par les théories positivistes des Taine, Renan, Comte, exacerbées par Gobineau, Rostand et Carrel. Ensuite, par les théories eugénistes (stérilisation des malades mentaux) et racialistes du mouvement fasciste américain, emmené par Henry FORD, dont une photo décorait le bureau de Hitler... Cela aurait du suffire pour l’expulser, à la manière d’un noyau pervers, de notre champ de pensée et de pratique.
Reprise récemment par le monde anglo-saxon, cette idéologie scientiste et technologique néoconservatrice de l’ère néolibérale est maintenant bien connue en France : la Loi du 13 août 2004 réformant la santé publique, l’Académie de médecine, l’INSERM et ses calamiteux rapports, la triste autoproclamée Haute Autorité en Santé qui succède à l’ANAES (Agence Nationale d’Accrétination et d’Évaluation en santé), qui masque sa totale incompétence derrière la novlangue gestionnaire, la Direction générale de la santé, l’Assurance maladie, les Observatoires régionaux de la santé, qui ont perdu leur autonomie, les formations de l’École Nationale de Santé Publique de Rennes, et celles de nos universités, la vénérable Société Française de Santé Publique, pourtant défenseur jadis de la promotion de la santé en approche communautaire, l’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé), les directeurs d’hôpitaux, et même (hélas) l’ex-indépendante revue Prescrire, tous sont désormais totalement soumis, contaminés par cette MÉTHODE fondée sur la statistique, le déterminisme biologique et comportemental, qui démolit toute une civilisation, et porte gravement atteinte à notre Kulturarbeit.
Elle renaît (born again) en 1980 dans un Canada victime du « complexe de Zélig », puis devient officielle aux USA et dans tout le cône sous domination idéologique anglo-américaine, destinée à l’origine, et en toute innocence, à SIMPLIFIER l’enseignement de la médecine devenu trop « complexe » pour les esprits post-modernes pragmatiques... Aujourd’hui, cette méthode binaire, ahistorique, lourdement dogmatique et sous-développée (qui fabrique en trois ans des techniciens es-guides et référentiels à appliquer à la lettre), est une épidémie mondiale encore sans vaccin.