Psychiatrie désaliéniste
(fabienpsy@psychiatrie-desalieniste.com)
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APPEL AU FORUM
« L’hétérogène dans l’enseignement et la transmission de la Clinique »
Lundi 26 JANVIER 2009 de La Criée De 14h00 à 20h00 à l’Hôtel de Ville de Reims
lundi 26 janvier 2009

Suite au rejet de l’enseignement de « Psychanalyse et Psychothérapie Institutionnelle » que plusieurs d’entre nous avions assuré l’année dernière dans le cadre du master de psychologie clinique, et au « recentrement » sur l’apport uniforme des perturbations cognitives, nous avons lancé une pétition. Celle-ci, qui appelait à prendre position contre le formatage de la pensée et pour la pluralité des apports dans la formation des psychologues cliniciens, a rencontré un écho bien au-delà de ce que nous escomptions, tant au niveau du nombre -plus d’un millier de signatures- que de la diversité des personnes qui se sont manifestées et ont bien souvent envoyé des témoignages de leur indignation.Il s’agissait en premier lieu de refuser l’appauvrissement et la destruction à terme de la psychologie clinique, et il s’avère que cette situation concerne plusieurs universités françaises. Il s’agissait aussi de refuser l’éviction de l’enseignement de la Psychanalyse à l’Université, sans pour autant se lancer dans une croisade contre le cognitivisme. Ce qui est en question c’est l’ouverture et la pluralité, l’hétérogénéité de la formation nécessaire à toute pensée critique. La participation au forum de « Sauvons la Clinique » à l’Assemblée Nationale, mouvement lancé par le Professeur Roland Gori nous a montré à quel point ces enjeux se trouvaient partagés par nombre d’universitaires des facultés de psychologie.La perspective d’ « Etats Généraux de la Clinique » à construire pour 2010 rencontre à l’évidence nos préoccupations dans le champ de la Psychiatrie et il nous semble important de nous inscrire dans cette perspective commune.Manifestement la notion même de « clinique » dans son équivocité est à défendre mais aussi à questionner tant elle nous vient de l’héritage médical. De quelle clinique est-il question quand il s’agit du sujet qui parle, et comment soutenir la dimension essentielle du transfert dans toute rencontre y compris en dehors du cabinet de l’analyste ? La psychanalyse nous offre sans doute un corps de savoir hétérogène, mais surtout une méthode et une éthique qui supposent la mise sur un désir inconscient toujours énigmatique comme enjeu d’une formation et d’une transmission fondées sur le transfert. Il s’agit à l’évidence aussi d’un enjeu politique : allons-nous accepter un formatage des pratiques, la mise en place d’une « psychothérapie d’Etat » et une destruction de la Psychiatrie qui se fait chaque jour plus explicite ? Nous vivons une période où la logique de l’évaluation jointe à un fantasme quelque peu sidérant d’une transparence généralisée vise à mesurer l’inestimable du désir et à promouvoir une biopolitique de gestion de l’humain. Toute initiative se trouve ainsi entravée par le biais de protocoles standardisés et d’une hantise de la « gestion des risques ». De même il suffit d’un fait divers dramatique pour relancer une politique sécuritaire qui annonce un nouveau « grand renfermement » dont le projet de centres de rétention est tout à fait emblématique.

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