Psychiatrie désaliéniste
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L’hécatombe des fous :
la famine dans les hôpitaux psychiatriques français sous l’Occupation
mardi 3 avril 2007

Auteur : Isabelle von Bueltzingsloewen

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Editeur : Aubier, Paris, France

Collection : Collection historique

• La présentation de l’éditeur

Sous l’Occupation, 45 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim. Les a-t-on laissé mourir ? Ont-ils été exterminés par le régime de Vichy ? Les psychiatres ont-ils été complices ? Alexis Carrel a-t-il été impliqué dans le drame ? C’est ce que, aujourd’hui, les partisans d’un devoir de mémoire mal compris martèlent avec force. Pour la première fois, une historienne mène l’enquête. Des années de recherche, dans des archives recelant des témoignages parfois insoutenables, lui ont été nécessaires pour reconstituer ce qui est passé et en livrer une interprétation. Au lecteur de se prononcer sur les responsabilités engagées dans la tragédie.

Isabelle von Bueltzingsloewen est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Lumière Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA).

• La revue de presse Elisabeth Roudinesco - Le Monde du 23 février 2007

On se souvient de la parution, en 1987, de l’ouvrage de Max Lafont, L’Extermination douce (rééd. Le bord de l’eau, 2000), qui fut à l’origine d’une vive polémique sur la mort par dénutrition de 40 000 malades mentaux, en France, sous l’Occupation. Sans utiliser le mot "génocide", l’auteur affirmait que les aliénés avaient subi, de la part du gouvernement de Vichy, le même sort que leurs homologues d’Allemagne, victimes, on le sait, d’une extermination programmée par le régime national-socialiste... Il faut donc saluer le courage d’Isabelle von Bueltzingsloewen. Dans ce livre magistral, elle invalide toutes les thèses du prétendu génocide sans jamais oublier la souffrance des victimes... Utilisant la méthodologie historique, elle démontre, preuves et chiffres à l’appui, que le gouvernement de Vichy n’a jamais pris aucune mesure d’extermination guidée par un quelconque eugénisme. Avec minutie, elle précise que tous les hôpitaux psychiatriques (une centaine environ) furent bien touchés, entre 1940 et 1944, par une effroyable famine, au cours de laquelle près de 45 000 malades mentaux trouvèrent la mort : une mort lente, atroce, abjecte, qui, sans aucun doute - et les photographies le prouvent -, ressemble à celle des camps d’extermination.

• La revue de presse Marc Riglet - L’Express du 22 février 2007

Sous l’Occupation, les malades mentaux moururent en masse de famine et dans un terrible oubli. Le livre magistral d’Isabelle von Bueltzingsloewen en apporte la preuve définitive... On ne saurait dire, cependant, que les faits aient été occultés. Même si personne ne s’émeut, ils sont sus... La thèse de l’extermination organisée, qu’elle fût « douce » ou barbare, n’est donc pas insensée. Pourtant, elle est fausse, et le livre d’Isabelle von Bueltzingsloewen en administre une preuve qui devrait être définitive. L’Hécatombe des fous est un grand livre probe. Dix ans de recherches. L’historienne a déniché, dépouillé, compté. Elle a retrouvé et restitué, avec sensibilité et décence, les témoignages, insoutenables, des victimes. Elle ne dissimule rien, enfin, des comportements d’un corps médical dont, souvent, la médiocrité le dispute à de dérisoires vanités scientifiques... Tous comptes faits et refaits, ce sont environ 45 000 aliénés qui sont morts de faim sous l’Occupation. Ils sont morts parce que l’application du rationnement à cette catégorie de malades a entraîné des carences irréversibles.