La délinquance n’est qu’un aspect d’un fléau diffus qui touche la famille, l’école, la société.
Une stratégie contre la violence Par Jean-Marie LE GUEN
QUOTIDIEN Libération : jeudi 9 novembre 2006 Jean-Marie Le Guen député de Paris.
La dérive violente d’une partie de la jeunesse fait la une de l’actualité récente. Fera-t-elle aussi notre prochain président de la République ? Elle semble, en tout cas, nourrir le programme de Nicolas Sarkozy, qui estime y apporter une réponse imparable : l’alliance de l’exaltation de la lutte contre la délinquance juvénile et de la montée en puissance de la spirale répressive. Pourtant, l’accroissement de cette violence est un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, mais qui ne peut pour autant se résumer à la seule question de la délinquance à laquelle on veut souvent la réduire. Les chiffres alarmants concernant les actes violents commis à l’école comme ceux de l’augmentation du nombre de violences à la personne sonnent comme un démenti aux déclarations d’autosatisfaction de Nicolas Sarkozy. Ils prouvent surtout l’erreur de diagnostic et de stratégie du ministre en responsabilité depuis quatre ans, si son véritable objectif est la recherche de la paix civile et de la sécurité des biens et des personnes. Il suffit de se rappeler la crise des banlieues de l’automne dernier pour avoir quelques doutes sur les intentions de M. Sarkozy. Ses propos provocateurs ne furent-ils pas à l’origine des troubles ? Pour tirer des bénéfices personnels de la mise en scène spectaculaire du retour à l’ordre public, fallait-il à ce point exacerber la violence d’une crise sociale latente au risque d’abîmer la cohésion de notre pays et son image à l’étranger ?