Monsieur le sénateur
C’est avec colère que je m’adresse à vous. Mais avec espoir aussi... En effet la majorité de l’Assemblée Nationale vient de voter une Loi portant création d’un Ordre Infirmier. Ceci va être dramatique pour les infirmier(e)s, contraint(e)s de payer une cotisation pour exercer. Je pense en outre que cela va aussi menacer la représentativité syndicale et être source de division. Vous trouverez ci-après le communiqué de mon organisation syndicale, qui résume tout a fait ma pensée. Je ne peut que souligner la pauvreté des arguments prévalant la proposition d’une telle loi, et je cite celle-ci (n°2996) : En matière de protection, les infirmiers sont eux aussi laissés pour compte. En effet, alors même qu’ils ont l’obligation d’appliquer des prescriptions médicales écrites, signées et datés par le médecin, ces professionnels n’ont aucun moyen de faire respecter leur droit d’exiger du dit médecin une attitude conforme aux règles professionnelles. Or, l’article 45 du décret 93-221 du 16 février 1993 relatif aux règles professionnelles des infirmiers et infirmières précise pourtant que, dans le cadre de la subordination, les exigences de l’employeur ou du supérieur hiérarchique doivent être compatibles avec le respect des règles professionnelles. Il semblerait donc bien ici qu’il y ait un regrettable vide juridique et structurel à combler. Or ce n’est pas un ordre infirmier qui apprendra aux médecins à prescrire, pas plus qu’aux directeurs administratifs à comprendre les concepts de soin holistique ou d’altérité. J’attire aussi votre attention sur les arguments avancés par Catherine Génisson lors de la séance du 13 juin 2006 à l’Assemblée Nationale (consultable dans le compte-rendu analytique officiel). Je vous demande avec insistance de voter contre le texte n°390 transmis au sénat en lien avec le TA n° 586 En vous remerciant pour la considération que vous porterez envers ma requête, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes cordiales salutations. Julien Ordinal, Paris. Infirmier exerçant dans l’Etablissement public de santé...