Un projet de loi de réforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattu au Parlement à l’automne, « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».
Trois mots résument ce projet qui s’inscrit dans le droit fil du discours sécuritaire du Président de la République à Antony le 2 décembre 2008.
Imposture, Illusion, et Régression.
Ci joint le lien pour télécharger gratuitement le numéro 0 des Nouveaux Cahiers pour la Folie.
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Éloge d’une éthique hospitalière de la folie
Franck Chaumon
Chef de service psychiatrique et psychanalyste, Guy Dana combat au quotidien contre l’isolement sécuritaire et plaide pour une approche solidaire de la souffrance psychique.
Comme si , pour répondre d’une identité énigmatique voire introuvable, nous retrouvions très curieusement cette tentation d’une appartenance toujours chargée de religiosité qui rassure chacun et le groupe à peu de frais Le titre que je vous propose a surgi lors de la préparation des rencontres de La Criée en Juin dernier à Reims « Entre deux rives / Exil et transmission ». Je relisais alors un livre de Jacques Hassoun Le passage des étrangers où il était question du communautarisme et de la folie ethnicitaire qui s’empare de l’étranger quand, en réaction au racisme et à l’exclusion des soi-disant autochtones, il en vient à se suridentifier imaginairement aux emblèmes de ses ancêtres.
Quel rapport avec la Psychanalyse et les enjeux du colloque actuel ?
Ce qui m’était alors revenu et ne cesse de m’étonner, c’est la tentation identitaire du « nous autres... », telle qu’elle insiste dans tous les groupes et en particulier les groupes de psychanalystes. Comme si , pour répondre d’une identité énigmatique voire introuvable, nous retrouvions très curieusement cette tentation d’une appartenance toujours chargée de religiosité qui rassure chacun et le groupe à peu de frais. Avant d’examiner le désastre où nous conduit une telle perspective, je voudrais signaler qu’elle résonne très fortement en moi avec la langue coloniale telle qu’elle se parlait pendant mon enfance algérienne, « nous autres juifs » répondant aux autres : arabes indigènes, français de France, français d’Algérie, catholiques, maltais et autres ethnies qui composaient le paysage bigarré qui était en train de se déchirer sous mes yeux. Des murailles invisibles séparaient chaque communauté, le tout renforcé par une rigoureuse endogamie justifiée par un racisme aux allures d’évidence. Les évidences étant comme toujours trompeuses, elles ne tenaient que d’une falsification de l’histoire et de la domination coloniale, les juifs venaient de basculer via le décret Crémieux (1870) du « bon côté, autrement dit de la France » et ne voulaient plus entendre parler de leur long passé indigène (plus de 2000 ans tout de même !)