Délinquance . Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis sévère sur le dépistage précoce des « troubles de conduite » chez l’enfant.
Nicolas Sarkozy ne devrait pas s’en vanter. Dommage. Hier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis extrêmement précis sur la question - si chère au ministre de l’Intérieur - du dépistage des « troubles de conduite » chez l’enfant. Corrosif.
Saisis l’année dernière par le collectif Pas de zéro de conduite, les huit membres du CCNE ont planché sur la fameuse expertise de l’INSERM. Celle-ci préconisait de rechercher chez l’enfant, dès l’âge de trois-quatre ans, les signes « prédictifs » d’une délinquance future. Parmi eux, la « froideur affective », « l’indocilité », « l’impulsivité » ou encore un « indice de moralité bas ». Publiée en septembre 2005, cette caution scientifique était tombée à point nommé pour Nicolas Sarkozy, en pleine écriture de son projet de loi sur la prévention de la délinquance et chaud partisan de ce genre de théories comportementalistes.