La psychothérapie institutionnelle est une vieille dame qui risque à coup sûr de faire reparler d’elle d’une façon plus ou moins rapide et plus ou moins tonitruante : l’extrémité à laquelle nous sommes arrivés en psychiatrie, loin d’apparaître à mes yeux comme un progrès de cette discipline très susceptible de la médecine, est un des signes qui manifeste l’égarement dans lequel nous sommes entraînés à notre corps défendant. Pour avoir dit, démontré, puis crié la nécessité absolue de considérer la psychiatrie avec certains égards dus à sa spécificité, tout cela sans renier le moins du monde son appartenance à la médecine, nous voilà engagés sur la voie de la mise en conformité de celle-là sur les critères de celle-ci.
Pierre Delion Professeur de pédopsychiatrie, faculté de médecine, Lille