Redonner le goût du collectif
C’est sur un sentiment d’urgence que nous est venue l’idée de ce numéro « Redonner le goût du collectif ». Comment faire quand aujourd’hui, le collectif est mis à mal, appelé par les médias à célébrer la loi du plus fort et de l’individualisme, tout cela sur fond de désengagement de l’Etat, de mondialisation et de financiarisation du monde ? Quelles seraient les conditions qui feraient que le collectif laisse la place à chacun et à tous, en intégrant à la fois l’intime, la singularité de chacun, et l’intérêt général ?
« La psychiatrie doit être faite et défaite par tous » disait-on ...
Par où commencer ?
Le film de Sandrine Bonnaire, « Elle s’appelle Sabine », fait débat. C’’est heureux ! D’une certaine façon, le « J’accuse » provocateur dont Libération s’est fait l’écho, m’apparaît justifié ! Justifié car il aiguise ce débat, débat salutaire, et impératif ! Avec ce film, nous sommes dans une histoire singulière, un parcours, la transformation d’une jeune femme aux prises avec des troubles psychiques et relationnels majeurs. Images en douceur, émouvantes, attachantes, qui alternent entre « un avant » et « un après » l’hospitalisation. Document qui pose donc question à la psychiatrie.