Psychiatrie désaliéniste
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Brèves
Non à la perpétuité sur ordonnance !
vendredi 14 novembre
Franck Chaumon est à l’origine de la pétition avec l’association Pratiques de la folie :« Cette déclaration publique est importante. Un pas intolérable a été franchi. Certes il n’est pas nouveau que l’on demande aux "experts" de participer au jugement, dans une confusion des places et des discours. Il y a quelques années, on a instauré la contrainte aux soins comme élément de la peine, et cette obligation ne cesse de s’étendre à toutes sortes de délits et de crimes. Avec cette loi nouvelle, nous passons dans un autre monde : non seulement ce sont les "experts psys" qui vont de fait décider qu’une maladie équivaut à un crime, mais ils devront le prédire !
Séraphine
dimanche 5 octobre
Françoise Cloarec nous conte l’incroyable histoire vraie de Séraphine de Senlis, glissant doucement de la misère à la gloire, de l’originalité à la folie.
Sur le rapport du Pr Guy Vallancien
vendredi 1er août
Guy Vallancien a rendu son rapport de 41 pages le 10 juillet, cinq jours avant la date butoir : il a donc construit et rédigé son texte en cinq semaines, seul (aucun collaborateur n’est mentionné), tout en auditionnant pour cela 108 personnes (dont seulement cinq femmes, le monde hospitalier est entièrement masculin, c’est bien connu).
GOUVERNANCE
lundi 24 juillet

Extrait sur la question de la gouvernance des pages 60 à 62 du livre société d’hommes réflexion sur la mutualité et l’économie du social parue en mai 2005 édition médical

C. Germain & C. Vanackère

La gouvernance, un mot pour réfléchir sur les modes de prises de décisions Voilà seulement une dizaine d’année qu’un vieux mot de la langue française est venu investir le champ du social après celui de l’économique. "Gouvernance". Au début, on pouvait penser que l’attrait de ce mot empruntait à un nouvel effet de mode. Une recherche sur ce terme par Internet montre qu’avec les quelques quatre-vingt mille page recensées par le seul moteur Google, ce terme prend des réalités très différentes d’un secteur à l’autre, qu’il vise des démarches multiples, même si la notion de direction demeure prégnante. Le Petit Robert appelé de nouveau à la rescousse, on se trouve devant une définition simple, qui associe intimement le mot au terme de « gouvernement » dont il était, au XIIIeme siècle un équivalent usuel. Autre mot qui renvoie aux notions de direction, d’administration mais également d’action, de démarche, de comportement. En effet, gouverner consiste en l’action, la manière, de diriger ou de régir quelque chose. Au passage, on notera qu’au Sénégal, le mot gouvernante visait à la fois l’action de gouverner et la structure permettant cette action, les services administratifs de la gouvernante et même les bâtiments qui les abritaient. Un amalgame complet... Oublié de la langue française au profit de son équivalent, il survit quelque temps Outre-Manche. Son usage moderne naît dans les organisations internationales en mal de conceptualisation économique. La Banque Mondiale, le Fonds monétaire international et le Programme des Nations Unies pour le développement l’utilisent et l’imposent peu à peu dans les esprits, dès le début des années quatre-vingt.

La gouvernance, nouveau credo économique

En 1999, Georges Cavalier, ingénieur des Ponts et Chaussées, indiquait aux élèves de l’École nationale d’administration : « la notion de "gouvernance " est une notion à la mode, qui a pris en dix ans une importance considérable. Comme tous ces concepts qui ont fait florès ("développement durable ’ ; "renouvellement urbain ’), celui de gouvernance court le risque de devenir au fil des ans un simple mot-valise, n’ayant plus aucun sens précis ». Sa prolifération semble bien lui donner raison. Savoir exactement ce que le terme recouvre , n’est pas chose aisée dans tout ce foisonnement. Dans un article publié, en 2001, dans le Monde Diplomatique, Bernard Cassin en offre une approche critique, mettant en lumière le rôle insidieux que l’on fait jouer à ce mot. Il pourrait ainsi concerner « un outil idéologique » permettant un « coup d État de velours ». Pour l’auteur, ce mot inspirant confiance, cacherait en fait un mouvement plus profond, portant le souhait des institutions financières internationales de voir le rôle de la puissance publique dans les rouages économiques limité au minimum. Il serait au coeur de la vague de néolibéralisme qu’ont connu l’ensemble des pays industrialisés à la fin du XXème siècle. Paradoxalement, le mot est souvent associé à d’autres termes jugés très positifs comme celui d’équité. Il est très souvent utilisé, ou l’était, chez les promoteurs du développement durable. Bref, le terme gagnait au passage une dimension morale, une respectabilité sociale.


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