| Juillet 2008 | ||||||
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Redonner le goût du collectif
C’est sur un sentiment d’urgence que nous est venue l’idée de ce numéro « Redonner le goût du collectif ». Comment faire quand aujourd’hui, le collectif est mis à mal, appelé par les médias à célébrer la loi du plus fort et de l’individualisme, tout cela sur fond de désengagement de l’Etat, de mondialisation et de financiarisation du monde ? Quelles seraient les conditions qui feraient que le collectif laisse la place à chacun et à tous, en intégrant à la fois l’intime, la singularité de chacun, et l’intérêt général ?
« La psychiatrie doit être faite et défaite par tous » disait-on ...
Par où commencer ?
Le film de Sandrine Bonnaire, « Elle s’appelle Sabine », fait débat. C’’est heureux ! D’une certaine façon, le « J’accuse » provocateur dont Libération s’est fait l’écho, m’apparaît justifié ! Justifié car il aiguise ce débat, débat salutaire, et impératif ! Avec ce film, nous sommes dans une histoire singulière, un parcours, la transformation d’une jeune femme aux prises avec des troubles psychiques et relationnels majeurs. Images en douceur, émouvantes, attachantes, qui alternent entre « un avant » et « un après » l’hospitalisation. Document qui pose donc question à la psychiatrie.
Nous constatons chaque jour les dégats qu’entraine cette société libérale, c’est pour cela que nous nous sommes constitué en collectif de « résistants » au sens de l’utilisation de ce terme par Lucien Bonnafé, résister verbe actif.
Notre groupe à prit le nom de « Fabien-psy » et souhaite réfléchir et construire à partir de l’interpellation de Louis Le Guillant - Quelle psychiatrie pour notre temps ? -
Que celles et ceux qui souhaitent participer à notre projet, nous adressent leur contribution, nous les mettrons en ligne sur ce site, de façon à continuer le travail entreprit par nos ainès qui en mars 1973 déjà écrivaient :
Le discours contemporain sur la santé mentale témoigne, en ses perversions comme en ses interrogations, de l’exigence aiguë d’une pratique novatrice et de la mise en chantier d’une réflexion critique sur le malaise à vivre dont on appelle folie la forme extrême, et sur la réponse réductrice qui est proposée ou plus souvent opposée au témoignage qu’elle exprime du sacrifice et des aspirations et des potentiels hunains.
La mise à distance du fou perçu comme radicalement autre a fait place aujourd’hui pour beaucoup au regard dévoilé porté sur l’étrange image du sujet constitué autant par sa folie que par sa rassurante raison. Misère d’une vie ravagée par des combats intérieurs sans mesure, la folie s’est mise à parler de notre vie de misère dans cette société que d’aucuns dirent « folle » ... Regard nouveau porté en des lieux inattendus ( ?) où il joue le rôle de révélateur : Crise de la psychiatrie, antipsychiatrie certes, mais aussi enfance, famille, sexe, éducation, pédagogie...
Questions authentiques, nouvelles, urgentes, mais qui, faute d’ëtre basées sur une juste compréhension politique des contradictions sociales essentielles, induisent des réponses hâtives, souvent aberrantes, et toujours rapidement inscrites dans le conformisme du discours pseudo-contestataire repris dès lors en écho par l’idéologie dominante satisfaite de se donner un masque au goût du jour. Ainsi les thèmes qui « parlent de la folie » ont véritablement envahi tout un champ idéologique pour lui donner à bon compte une caution pseudo-révolutionnaire. L’enjeu de la bataille idéologique à mener sur ce terrain nous paraît grand. Et, si complexes soient les thèmes évoqués, nous pensons qu’il est urgent d’engager dans cc combat les forces dont nous disposons. Ce recueil de textes anciens ou inédits devra donc être reçu comme premier pas vers des publications ultérieures plus volumineuses qu’il saura, nous le croyons, rapidement susciter.
Lucien Bonnafé, Tony Lainé (collectif communiste de travail et de publication en psychiatrie) mars 1973. Les éditions de la Nouvelle Critique
Rencontre France - Amérique latine
Le samedi 17 mai 2008 de 10h à 17
Centre Philippe Paumelle 76 avenue Edison
75013 PARIS (M° Place d’Italie)
Salle René Diatkine (103, 1er étage)
